La Bouche de Fer

Une nouvelle de Traven

mercredi 3 décembre 2008

Étrange destinée que celle de l’écrivain qui se faisait appeler B. Traven. Auteur rebelle, il fut adulé par des millions de lecteurs. Homme secret, il fut recherché par de nombreux journalistes. Malgré le masque dont il se couvrit, on peut reconstituer à peu près sa vie aujourd’hui.

OTTO MAX FEIGE naît le 23 février 1882 à Schwiebus, ville allemande actuellement en Pologne. De caractère distant et rebelle, il accomplit sa révolte en se faisant acteur d’avant-garde et écrivain. Il prend le pseudonyme de Ret Marut et lance un journal anarchiste : Der Ziegelbrenner (Le Briquetier). Feige/Marut écrit plusieurs nouvelles dès 1915 (c’est d’ailleurs l’une d’elles dont nous vous offrons la traduction). En tant qu’anarchiste, Ret Marut s’implique dans l’éphémère République des Conseils de bavière (1919) animée par des libertaires allemands.

L’armée écrase dans le sang cette république révolutionnaire, et Marut échappe de peu au massacre en s’enfuyant. Vers 1920-1924, il mène une vie errante faite d’expulsions et d’arrestations en Europe et aux États-Unis. Un de ses livres, Le Vaisseau des morts, évoque son odyssée. Il s’installe au Mexique, sans doute à la fin de l’année 1924.

Tout en s’occupant de commerce dans la région de Tampico, il envoie ses écrits à des éditeurs allemands. Il signe du nom de Traven en vivant au Mexique sous celui de Torsvan ! Malgré cette manie de brouiller les pistes, il intéresse les éditeurs, qui publient son oeuvre dès 1925.

Les romans de « Traven » sont un succès dans le monde entier. Un de ses livres est adapté au cinéma : Le Trésor de la Sierra Madre (1947).

Les livres de Traven célèbrent la révolte, non pas en termes militants mais en présentant la lutte comme une dignité nécessaire.

Les indiens du Mexique, catégorie exploitée s’il en fut, sont au coeur de son oeuvre. La Révolte des pendus, son chef-d’oeuvre, conte une insurrection de forestiers, La Charrette est le parcours initiatique d’un jeune indien, Rosa Blanca dénonce l’emprise des compagnies pétrolières sur le Mexique. Citons encore Indios et le très beau recueil de nouvelles intitulé Le Visiteur du soir. Cet étranger au Mexique a su comprendre avec finesse la psychologie indienne et les problèmes de leurs communautés face au monde blanc. Lorsque Traven meurt, en 1969, ses cendres sont dispersées sur les forêts sacrées des indiens du Chapias. En même temps, il s’agit d’une littérature universelle qu’on apprécie lors de tout intérêt ethnologique.


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