La Bouche de Fer
Les Hommes du jour,

Paul Robin

dimanche 19 avril 2009 par Hacked by NRVAX

Le « néomalthusianisme » est de plus en plus à l’ordre du jour. Après l’intervention du vertueux Gauthier de Clagny et les promesses vengeresses du non moins vertueux Aristkle, on annonce de nouvelles poursuites contre les propagateurs de cette infâme théorie. Le tour des malthusiens est, en effet, venu. Il y a quelques années qu’on les guette. Ils peuvent se préparer à trinquer largement.

Paul Robin –dont nous nous occupons cette semaine compte précisément parmi les précurseurs et les théoriciens les plus ardents de la doctrine blâmée au Palais Bourbon par de courageux moralistes. Cet homme sur lequel on a déjà jeté l’anathème, à propos de Cempuis et de son système de coéducation des sexes, complique encore son cas par l’appui qu’il apporte, en toute occasion, à la plus immorale et à la plus dangereuse des doctrines sociales. Révolutionnaire, éducateur subversif et partisan de la procréation limitée, c’est beaucoup pour an seul homme. Il sera difficile de le laver de toutes ces tares dont chacune suffit pour le rendre odieux. Mais il sera surtout difficile de faire admettre au public qu’un individu capable de prêcher la limitation consciente et raisonnée des naissances n’est pas une abominable fripouille.

Songez donc. Ce Paul Robin a édité des journaux et des brochures dans lesquels il conseille carrément aux femmes de prolétaires d’éviter la grossesse et il leur indique même les moyens les plus propres à obtenir ce résultat. Ce Paul Robin dit aux travailleurs : « Ne faites plus de gosses au petit bonheur. Réfléchissez. Calculez votre coup. Songez à l’avenir. Les familles trop nombreuses sont pour les pauvres gens les principales causes de leur misère et de leur servage. On n’a pas le droit de faire des enfants quand on n’a pas les moyens de les rendre heureux. L’amour doit être libéré de toutes les contraintes. La femme doit pouvoir refuser la maternité. » Ce Paul Robin dit bien d’autres choses encore, du même genre. Quel épouvantable gredin ! Plus nous réfléchissons â son cas, et plus nous apercevons les difficultés qui l’entourent. Ce rôle d’avocat que nous avons accepté ne sera pas précisément gai. Nous allons essayer, malgré tout, de le tenir en toute conscience.

*

Pour commencer et avant de nous occuper directement de Paul Robin, il nous faut dire quelques mots du « néomalthusianisme ».

Qu’est-ce donc que cette doctrine qualifiée d’immorale par le Gauthier-Sans-Savoir du Palais-Bourbon, avec l’approbation de l’homme de Saint-Nazaire ? En quoi consiste-t-elle ? Que réclame-t-elle ? Qu’apporte-t-elle ?

Voici. Les néomalthusiens, partant de cette constatation que, dans les conditions économiques de notre époque, avec l’esclavage industriel, la misère et la destruction du foyer qui en résultent, la venue d’un enfant ne peut constituer qu’une difficulté et qu’une douleur nouvelles, concluent à la limitation des naissances. Ils conseillent aux hommes comme aux femmes de procréer en toute connaissance de cause d’éviter la désastreuse fécondité de ne se livrer aux plaisirs de l’amour que dans des conditions favorables, avec l’hygiène nécessaire ; de s’efforcer de ne pas jeter dans la vie des êtres voués au malheurs, marqués pour les déchéances physiques et tarés clés leur naissance. Ils montrent aux travailleurs comment les bourgeois, placés dans une situation de fortune et pourvus rie moyens qu’ils ignorent, pratiquent largement, pour leur compte, la méthode malthusienne et se contentent généralement d’un enfant ou deux, juste de quoi perpétuer la race. Ils affirment que la science qui a mis son nez partout a le droit aussi de le fourrer dans les choses de l’amour et de faire entendre sa voix. Ils prétendent que la morale n’a rien à faire là-dedans, qu’il n’est pas plus moral d’avoir beaucoup d’enfants que de n’en pas avoir du tout. Ils démontrent enfin que l’intérêt véritable des travailleurs n’est pas de fournir constamment aux exploiteurs de la chair à exploiter ou de la chair à plaisir et que, s’il est utile, pour la bourgeoisie jouisseuse, qu’il y ait beaucoup de soldats pour tuer, beaucoup de serfs pour produire, beaucoup de prostituées pour amuser, les prolétaires, eux, n’ont rien à gagner à ce jeu.

Là-dessus, tous les défenseurs de l’Ordre Social et de la Morale Sociale s’exclament Abomination ! Immoralité ! Monstruosité

On comprend la colère et l’indignation suspecte de ces messieurs. Cela prouve qu’ils sont touchés au bon endroit.

Voyons un peu les griefs qu’ils font valoir.

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Primo La France a besoin de défenseurs. Dépeupler la France c’est concourir à l’affaiblissement de la Patrie. Pendant que chez nous le nombre des naissances diminue, ailleurs, en Allemagne par exemple, il augmente constamment.

D’abord cette dernière affirmation est un mensonge. Les naissances diminuent, pas dans les mêmes proportions, c’est exact, mais diminuent tout de même, aussi bien en Allemagne qu’en France. Quand les prolétaires allemands devenus plus conscients auront compris leur intérêt, ils cesseront comme les prolétaires français de se montrer aussi prolifiques. Ensuite, nous nous foutons de la Patrie. La Patrie ne représente pour la majorité exploitée, que le total des privilèges acquis par la minorité exploitante. Le jour où nous serons maîtres des instruments (le travail, des machines et du sol, c’est-à-dire où nous aurons quelque chose à nous, où nous posséderons une Patrie, ce jour-là nous la défendrons. En attendant, nous avons autre chose à faire que de fournir des défenseurs à la Patrie bourgeoise.

Secundo : Cette doctrine est immorale. Il est immoral de prêcher contre les lois de la nature. On n’a pas le droit de s’occuper des choses sexuelles. Il est infâme de s’introduire dans l’alcôve pour y prêcher l’abstention, etc., etc.

En quoi est-il plus moral de conseiller l’amour sans réserves, la copulation sans limites ? Si nous nous plaçons sur ce terrain, les plus immoraux sont certainement ceux qui réclament des hommes et des femmes l’exercice immodéré des plaisirs sexuels. Un ivrogne rentre chez lui, le samedi soir il a le cour à la rigolade ; il s’en. ressent comme on dit dans les faubourgs ; il collera un gosse à sa femme, passive et soumise comme une fille de boxon, un gosse qui héritera des avantages alcooliques de son digne père. Il parait que cela est très moral. Un autre individu, au contraire, prendra ses précautions. S’il se sait malade, affligé de tares physiques, il évitera la procréation s’il se juge incapable d’assurer à l’enfant une vie paisible et heureuse, il évitera de mettre cet enfant au monde. Si sa femme est fatiguée ; si elle est obligée de turbiner chaque jour, si elle n’est pas en état d’accepter une grossesse dangereuse et longue, il s’arrangera pour qu’il n’y ait pas de suites pénibles à la satisfaction sexuelle qu’il s’accorde. Il paraît que celui-là est immoral. Ainsi jugent les acéphales qui défendent l’ordre et la morale.

Les lois de la nature ? Toute la science et tout le progrès humain sont faits de la lutte constante contre la nature et contre ses lois qu’on a surprises, devinées, pénétrées et dont on s’est servi. Les organes sexuels comme les autres parties du corps appartiennent à la science et à la médecine. Quoi donc ? La Science aura fouillé le cerveau humain, pour y chercher de dangereux secrets elle aura réalisé de miraculeuses opérations et vous ne lui accorderez pas le droit de s’occuper de l’acte qui détermine la vie, de l’acte duquel découlent les plus redoutables conséquences. Il faut être borné comme un membre du Parlement pour oser soutenir pareille absurdité.

Tertio La doctrine malthusienne offre de terribles dangers. Elle pousse les individus au libre exercice du plaisir et à l’oubli des devoirs. Elle invite ces mêmes individus à des pratiques d’où peuvent résulter des inconvénients et des périls aussi bien personnels que sociaux. Etc., etc.

C’est vrai. La doctrine malthusienne offre de terribles dangers… pour les dirigeants. Elle libère tout simplement la femme, esclave, à travers les siècles ; elle la soustrait au fardeau écrasant de la maternité. Elle lui dit « Tu es libre d’avoir ou de ne pas avoir d’enfants. Voici ce qu’il faut faire. » Elle ajoute : « Tu n’as pas le droit de faire des enfants, s’ils doivent être malheureux. Ton devoir est d’éviter, dans ce cas, la maternité comme un fléau. » Elle libère aussi l’homme et lui offre les moyens de satisfaire aux exigences des sens, sans inconvénients et sans craintes. Immoralité va-t-on crier. Qu’on réfléchisse. L’amour ne peut être libre qu’avec ce corollaire la maternité libre. Si la société, si la loi, imposent à la femme la maternité, la châtient rigoureusement - et avec elle son complice mâle - pour avoir essayé de s’y dérober, il n’y a pas de liberté de l’amour possible. Mais comment libérer la femme de la maternité, demandez-vous ? Ah voilà ! Il y a justement les moyens et ce sont ces moyens que préconisent les malthusiens. et c’est parce qu’ils préconisent ces moyens qu’on les poursuit, qu’on les dénonce, qu’on les condamne. Ici qu’on nous permette d’ouvrir une parenthèse.

*

De ces moyens, il en existe deux catégories : les moyens préventifs, d’abord, souvent inutiles, insuffisants, toujours restrictifs de plaisir les moyens abortifs ensuite.

LES MOYENS ABORTIFS ?

Parfaitement. La conclusion logique de la propagande néo-malthusenne ne peut être, ne sera que le droit à l’avortentent, le droit d’avorter reconnu par la loi, contrôlé par la science.

De telles affirmations, nous ne nous le dissimulons point, sont pour faire hurler le troupeau d’irrémédiables imbéciles qui n’ont pas consacré le quart d’une minute de leur existence à réfléchir sur l’un des plus grands problèmes humains. Elles feront hurler aussi les tartufes laïques comme religieux qui au nom de la Société, de l’Evangile, de la Patrie, feindront de s’indigner véhémentement. Nous assurons, cependant, nos lecteurs, que nous n’apportons ici aucun désir de surenchère ou de paradoxe.

Nous avons conscience, an contraire, que nous établissons ici une vérité élémentaire.

Il n’y a qu’à jeter un coup d’oeil autour de soi, dans la société contemporaine. On y verra rapidement ceci d’un bout à l’autre de l’échelle sociale, c’est à qui - riches ou pauvres - les premiers pour mieux jouir, les autres pour éviter la misère, d’autres encore par faiblesse et par suite des préjugés de l’époque - c’est à qui pratiquera l’avortement. Et cela, malgré les lois féroces, clandestinement, sans aucune connaissance médicale, avec la peur de la répression. Les hôpitaux, d’un bout de l’année à l’autre, sont emplis de jeunes femmes avortées dont le nombre augmente constamment. La crainte du qu’en dira-t-on, de la misère, de la famille, de l’époux, du policier, poussent ces malheureuses à cette extrémité. Là-dessus, d’ignobles trafiquants, dépourvus de tout scrupule, font la retape, se proposent pour opérer, tirent un bénéfice scandaleux de la situation douloureuse de pauvres femmes affolées. Et le mal a pris de telles proportions qu’on n’essaie même plus de réagir aujourd’hui. Il n’est pas à Paris, une jeune femme, mariée ou non, qui n’ait pratiqué, au moins une fois dans son existence, l’avortement Il n’est plus un docteur qui, connaissant, par profession, toute l’immensité de l’infortune humaine, ose aujourd’hui dénoncer une « avortée ».

Dans une récente enquête faite par les soins de la Chronique Médicale, au sujet de l’avortement, 75 pour 100, parmi les docteurs interrogés, se sont prononcés pour l’avortement, indiquant que l’unique moyen d’endiguer les avortements clandestins et de parer à l’exploitation de charlatans indignes, était de reconnaître, une fois pour toutes, le droit à l’avortement, à l’avortement opéré avec toutes les garanties de la science et de l’hygiène et sous la responsabilité des docteurs.

*

L’avortement est une opération dangereuse. De plus c’est un crime.

Voilà la grande objection.

Eh bien, non L’avortement est une opération comme les autres, pas plus dangereuse que les autres. Nous sommes à une époque où, pour on oui et pour un non, on vous ouvre le ventre, on vous troue la boite crânienne. on vous perfore la poitrine. Est-ce que ces opérations ne sont pas dangereuses et quelqu’un songe-t-il à s’en indigner. Est-ce que, d’ailleurs, l’avortement n’est pas pratiqué, dans certains cas, dans les hôpitaux, lorsque la mère, par exemple, est en danger de mort lorsqu’elle est syphilitique, tuberculeuse, ou mal conformée ? Il ne reste qu’à joindre à ces cas spéciaux, le cas de misère pour que l’avortement entre dans les mœurs. Et puis, considérez certains accouchements normaux et demandez aux docteurs s’ils ne sont pas plus périlleux que les avortements méthodiquement pratiqués

Un crime ? Ah ! voilà bien un résultat de l’épouvantable éducation catholique. Un crime ? Pourquoi ? L’embryologie ne nous a-t-elle pas montré, en détail, le processus que suit le germe vivant, depuis le moment où, « spermatozoïde aveugle dans l’ovaire », il aborde amicalement, sur la route de l’utérus, l’ovule féminin jusqu’au jour où constitue définitivement, il apparaît à la lumière, après avoir assumé, tour à tour, différentes formes animales. A quel moment, le crime ? Est-ce quand l’enfant futur se présente sous l’aspect d’une larve informe ou lorsqu’il affecte la forme réjouissante d’un lapin ? Oui, à quel moment ? Une heure après le coït ou six mois plus tard ? Bien malin qui le dirait. Ou alors, il faut pousser le raisonnement jusqu’à ses extrêmes conséquences, c’est-à-dire placer le crime an moment précis de l’éjaculation, quand la substance précieuse se répand. Et de ce fait voilà Charlot qui en s’amusant devient un assassin. Et voici également que, comme au temps de Molière,

La pédérastie est un cas,
Est un cas pendable.

Le crime ne peut exister, en réalité, qu’à partir de l’instant où l’enfant vivant et jetant son premier cri, apparaît. Il est au monde. On n’a plus le droit de le supprimer. Mais avant ? pendant les neuf mois de laborieuse gestation, alors que ce qui sera un homme n’est pas même encore un animal et vit d’une vie plutôt végétale, il y aurait crime à supprimer cette chose ? Il est vraiment effarant d’avoir encore à discuter de pareilles puérilités.

Les années couleront avant que les humains, devenus plus raisonnables, consentent à la libre maternité et admettent le droit à l’avortement. Les hommes qui, dès aujourd’hui, propagent au risque de leur liberté, ces théories de vérité, peuvent être considérés comme des précurseurs.

Et cela nous ramène à Paul Robin. Il nous reste peu de place à lui consacrer. Mais cet apôtre, aussi modeste que sincère, nous pardonnera d’avoir peu parlé de lui, pour nous attarder davantage sur les doctrines qui lui sont chères.

Il est né à Toulon, le 3 avril 1837 il a fait ses études aux lycées de Bordeaux et de Brest. Après avoir été quelque temps élève pharmacien de la marine et pendant deux ans maître d’études aux lycées de Rennes et de Brest, il fut admis en 1858 à l’École normale supérieure. Il en sortit en 1861 et enseigna les sciences physiques et naturelles à la Roche-sur-Yon et à Brest.

A partir de ce moment, il s’occupe activement d’éducation. En 1868, il prend part au Congrès de Bruxelles, comme membre du Conseil général belge de l’a Association internationale des Travailleurs » et y présente un remarquable rapport sur l’éducation intégrale. Puis il fonde le Soir, journal d’enseignement populaire. En 1868, à la suite de grèves, il est expulsé et se rend à. Genève, où il se lie avec Bakounine et Herzen. Enfin, en 1870, il arrive à Paris

il est poursuivi, incarcéré à Sainte-Pélagie. Au 4 septembre, il est libéré et se réfugie à Bruxelles d’où il est expulsé immédiatement. De là il se rend à Brest, la capitale étant bloquée ; puis passe à Londres où il demeure jusqu’en 1879.

Pendant son exil, il collabore au Dictionnaire pédagogique de Ferd. Buisson. Celui-ci le fait nommer inspecteur primaire à Blois. Mais bientôt, le 16 décembre 1880, Robin est nommé directeur de l’orphelinat Prévost, à Cempuis, dans l’Oise, en pleine région cléricale.

*

C’est à Cempuis que Robin essaye d’appliquer ses conceptions en matière d’éducation. Pendant quatorze ans, il établit dans cet orphelinat la coéducation des sexes. Mais la presse cléricale veillait. Après une abominable campagne, menée notamment par la Libre-Parole, Robin dut abandonner son poste.

Il ne déserta pas la lutte pour cela. Dès 1895, il fonde tin périodique l’Éducation intégrale, fait de nombreuses conférences et, enfin, commence à propager, au Congrès de la Libre-Pensée, à Bruxelles, ses idées sur le néomalthusianisme. Il fonde la ligue de la Régénération humaine et fait paraître son journal Régénération (décembre 1896) qui n’eut d’abord que six numéros en six ans et qui a été continué depuis par Génération Consciente. Il traduit une brochure du hollandais Les Moyens d’éviter les grandes familles il publie des articles dans la Revue Blanche, des rapports à la Société d’Anthropologie, etc. Citons encore parmi ses publications une Méthode de lecture, les Bases de la morale humaine, la Théorie de la gamme, etc.

Tel est Paul Robin, savant, pédagogue et militant. Âgé aujourd’hui de soixante-douze ans, il continue à se dépenser au service de ses idées. Il vit actuellement en Suisse. Nous regrettons de n’avoir pu disposer de plus de place pour en parler longuement et donner d’amples détails sur l’existence de cet homme de science et de dévouement. Mais, comme nous le disons plus haut, il nous a paru important de fournir quelques aperçus sur les doctrines condamnées au Palais-Bourbon et signaléesà l’indignation vertueuse des bons esprits.

Maintenant, on ne se contente pins de s’indigner, on sévit. Les malthusiens sont condamnés, au nom de la Morale et de la Pudeur. Liard-Courtois et Humbert, le premier propagandiste, le deuxième directeur de Génération Consciente, viennent de récolter la prison et l’amende sur la dénonciation d’un certain Gast, avocat millionnaire, père d’un seul enfant, qui a porté plainte contre les malthusiens à la suite d’une conférence faite à Sotteville-les-Rotten. Et ça continue. Humbert est de nouveau poursuivi, cette fois, pour avoir reproduit dans son journal la préface d’un roman de M. René Emery : la Faute nuptiale, roman qui, lui, n’a pas été poursuivi.

Notons que les propagandistes du néomalthusianisme ne sont pas traduits en cour d’assises où ils pourraient s’expliquer. Ils sont étranglés proprement en correctionnelle où il leur est impossible de se défendre.

Ii faut s’attendre à ce que la répression continue. Peut-être même ce numéro pour les quelques banales vérités qu’il contient bénéficiera-t-il (les avantages que nous ont déjà valus certaines considérations antimilitaristes. Ce ne sont pas ces poursuites ridicules qui empêcheront les lecteurs de réfléchir et de se prononcer, pas plus qu’elles ne détourneront un instant de sa route la vérité invincible.

P-S. - Nous apprenons, au moment de mettre sous presse, la condamnation, devant la neuvième Chambre, de Humbert, à six mois de prison et 3 000 francs d’amende, et du gérant Fernandez à 200 francs d’amende. La répression lie fait que commencer. Gare à la suite.


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