La Bouche de Fer

« Centuria Commune de Paris »

dimanche 23 décembre 2007 par Cyril

Ce 19 juillet 1936, à Barcelone, près de 1 500 athlètes venus du monde entiers s’apprêtent à célébrer l’inauguration de l’Olympiade Populaire organisée par le gouvernement républicain afin de contrer les jeux de Berlin. Ce 19 juillet 1936, à Barcelone, l’armée se soulève…

Catégorie « à risque », pourchassée par les officiers factieux persuadés que l’Olympiade antifasciste n’est qu’une vaste entreprise de subversion, les sportifs étrangers trouvent cependant de sérieux alliés dans un Groupe d’Assaut resté fidèle à la République et chez les ouvriers armés du syndicat CNT. Le putsch militariste ayant finalement été écrasé, les athlètes français, militants de la jeune FSGT [1] pour la plupart, s’enrôlent dans les colonnes miliciennes en partance pour l’Aragon, rejoignent le front basque ou débarquent… aux îles Baléares.

Les survivants d’Irun et des Baléares, repliés sur Madrid encore intacte, formeront finalement la « Centuria Commune de Paris », organisation de structure milicienne dirigée par J. Dumont, un « ancien de Verdun », selon les brigadistes. L’ensemble est fortement rendorcé par d’autres français ayant rejoint l’Espagne en août pour défendre la Révolution, la République… ou le Komintern, c’est selon. Exemple de camaraderie pour certains, le fonctionnement interne de la Centurie a parfois de quoi faire frémir, notamment en matière pénale : « Nous prenons l’habitude (…) de juger nos fautifs devant tous. Chacun apporte ses griefs et les coupables bien souvent proposent leur peine. Terribles, ces accusations devant tous, aucun n’avait l’idée d’en rire ! [2] »…

La Centurie rejoint finalement la XIe Brigade Internationale de Manfred Stern (dit Kleber), laquelle se battra courageusement devant Madrid, au coude à coude avec les anarchistes de Durruti. La trace de Kleber, fidèle bolchevik originaire d’Europe centrale, se perdra lors des purges de 1938, en URSS… Staline récompense toujours ses zélés serviteurs.

[1] La Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT) regroupait, depuis 1934, les sportifs socialistes, communistes, révolutionnaires ou simplement progressistes. Elle est actuellement très proche du Parti communiste.

[2] D’après un témoignage cité par l’AVER (Amicale des Anciens volontaires français en Espagne républicaine).


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