La Bouche de Fer

Le miracle de Madrid

mercredi 2 janvier 2008 par Cyril

Novembre 1936, remontant par le sud, légionnaires et Marocains du général factieux Varela se heurtent, aux abords de Madrid, aux milices syndicales de l’UGT et de la CNT. La tentative de putsch franquiste, commencée comme une simple balade militaire de type colonial, virait au cauchemar…

À Madrid même, une junte de défense très élargie, incluant syndicalistes et libertaires, remplace le gouvernement républicain replié sur Valence. Sous l’impulsion de cette nouvelle structure, de type « unitaire », la population se prépare à enrayer l’assaut fasciste.

Rapidement, les combats se concentrent sur la Cité Universitaire, véritable « porte » de Madrid. Tour à tour, brigades mixtes [1] républicaines, milices syndicales (ou politiques) et premières Brigades Internationales se jettent dans la fournaise, en des combats urbains préfigurant, à une échelle moindre, la bataille de Stalingrad.

Une armée de loqueteux

1 800 miliciens de la Colonne Durruti, descendus en hâte de Barcelone, se joignent aux défenseurs de la cité. Mais une autre colonne catalane de renfort, majoritairement marxiste celle-ci, finit par céder et permet aux fascistes d’atteindre l’Hôpital-Clinique, lieu extrême de leur avance vers Madrid. Les communistes tenteront par la suite, avec quelques succès, de faire porter le poids de ce désastre sur les hommes de Durruti, lesquels ne ménageront au contraire pas leurs efforts pour tenter d’arracher l’Hôpital des mains des franquistes.

Lors de ces engagements d’une âpreté extrême, anarcho-syndicalistes et volontaires des premières Brigades Internationales, au coude à coude, fraterniseront au milieu du fracas des dynamitages. Des milliers d’antifascistes, parmi lesquels Durruti, périront au sein de cette mêlée confuse.

Une armée de loqueteux y rossait soudards franquistes et généraux d’opérette. C’était le miracle de Madrid…

[1] Structure de type militaire que le gouvernement républicain comptait étendre à l’ensemble des milices, malgré l’opposition des anarcho-syndicalistes. Le camps antifasciste était d’ailleurs fort divisé sur l’opportunité de cette militarisation… comme sur bien d’autres sujets.


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