La Bouche de Fer

Bloody Sunday

lundi 10 mars 2008 par Cyril

Campagne de bombes de l’IRA, internements sans procès et tortures : mots clés d’une année 1971 qui, en Irlande du Nord, s’achève en un sanglant gâchis. Sporadiquement, des milliers de catholiques occupent la rue afin d’exiger la libération de tous les internés. A Derry, ce dimanche 30 janvier 1972, la démonstration tournera au drame…

 13 cadavres

La manifestation, non autorisée par le pouvoir unioniste protestant, débouchera dans le quartier de Rosvilleflats où les paras britanniques l’accueilleront au fusil d’assaut SLR. Dans la foule, la confusion est à son comble. Jeunes et vieux, femmes et enfants, courent en tous sens, comme pris au piège. Les paras font un horrible « carton » sur ces cibles mouvantes tandis que treize cadavres gisent déjà sur le sol. La liste des témoignages, insistant particulièrement sur l’acharnement des militaires, paraît sans fin. Secouristes improvisés et infirmiers arborant la croix rouge sont copieusement canardés. Les dérisoires drapeaux blancs agités par les civils sont criblés de balles. PLus loin, un francs tireur de l’IRA tente de riposter en un duel désespéré et forcément inégal…

 Mater les civils

Stratégiquement, le pouvoir britannique cherchait avant tout à mater l’insurrection catholique afin d’investir les zones dites « libérées », lesquelles échappaient totalement au contrôle de la couronne d’Angleterre. Il comptait ainsi entraîner l’IRA (alors divisée) dans un conflit strictement militaire, violent certes mais sans ingérence directe de la part de la population civile insurgée. Ainsi rassurés, les protestants unionistes pourraient à nouveau reconnaître en l’armée britannique une véritable protectrice… Dans l’immédiat, le résultat le plus tangible est l’aggravation de la crise intérieure en Irlande du Sud « indépendante ». A Dublin, la population républicaine entre en ébullition et incendie l’ambassade britannique. Muet de douleur, le Nord est paralysé par la grève. Le lendemain des milliers de manifestants, venus du Nord comme du Sud, se porteront aux frontières.Insensiblement, la stratégie britannique transformait l’Irlande en une enclave milirisée, un îlot de violence au coeur d’une Europe indifférente et repue…

Bibliographie sommaire : Parmis les ouvrages facilement trouvable sur le sujet, nous retiendrons particulièrement La résistance irlandaise, de Roger Faligot (Ed. Maspero). Bien documenté et aisé à lire, il fournira au néophyte les bases indispensables à la compréhension de la réalité irlandaise. Par contre, nous déconsillons totalement l’ouvrage de TP Coogan sur l’IRA rédigé, en partie, par des militants proches de l’extrême-droite française.


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