La Bouche de Fer

Praxedis G. Guerrero

mardi 2 octobre 2007 par OLT

Sixième enfant d’une riche famille de propriétaires terriens catholiques, Praxedis G. Guerrero naît en 1882 dans l’hacienda de Los Altos de Ibarra (Guanajuato). Il fréquente les écoles privées de Leon où il rencontre Francisco Manrique pour la première fois. De retour dans sa famille, ses lectures (Darwin, par exemple) l’éloignent de la religion.

En 1899, il écrit ses premiers articles qu’il envoit à plusieurs journaux  [1] et, en mai 1901, devient correspondant au Diario del Hogar, le journal anti-Diaz de Filomeno Mata. Il se consacre ensuite aux affaires familiales tout en lisant la presse d’opposition  [2].

En novembre 1901, il est intégré, à sa demande, comme sous-lieutenant de Cavalerie à la « Seconde réserve militaire »  [3]. Le 2 avril 1903, à Monterrey, 10 000 libéraux manifestent contre la réélection du Général Bernardo Reyes comme gouverneur d’état du Nuevo Leon, celui-ci ordonne aux « federales » d’ouvrir le feu : 15 manifestants sont tués et beaucoup plus blessés. Quand la nouvelle de ce massacre parvient à Praxedis - que la lecture de Gorki, Tolstoï, Bakounine et Kropotkine a fait évoluer -, il quitte la « Seconde réserve militaire » et retourne à Los Altos de Ibarra.

En septembre 1904, Praxedis - avec Francisco Manrique (son ami d’enfance) et Manuel Vasquez - décide de quitter le Mexique pour les Etats-Unis. Franchissant la frontière à El Paso (Texas), Praxedis et ses deux compagnons font route vers Denver (Colorado), où ils trouvent du travail dans une compagnie minière (Colorado Supply Co.).

En février 1905, Praxedis, qui travaille maintenant à San Francisco, reprend la plume et fonde le journal Alba Roja (aube rouge). C’est probablement par ces écrits que les militants du Parti Libéral Mexicain (PLM) prendront connaissance de son existence. Le 28 septembre, alors que Praxedis travaille sur les quais du port, la Junte Organisationnelle du Parti Libéral Mexicain (JOPLM) est fondée à Saint Louis  [4]. La devise de la Junte est « Réforme, liberté et justice » et son but est alors de coordonner les activités révolutionnaires des opposants à Diaz exilés avec celles des groupes restés au Mexique.

En mai 1906, Manuel Sarabia, représentant de la Junte, rencontre Praxedis, alors que celui-ci travaille aux mines de Morenci. A la suite de cette visite, Praxedis et ses compagnons fondent, le mois suivant, le groupe « Obreros Libres », composé de Mexicains travaillant dans les mines  [5]. Le groupe est une junte auxiliaire et sert à propager les idées du PLM. Des collectes de fonds sont régulièrement effectuées pour aider la junte principale de Saint Louis. Ricardo Flores Magon salut chaleureusement la création de cette junte auxiliaire et correspond avec Praxedis  [6].

En septembre 1906 les premiers soulèvements organisés par le PLM ont lieu au Mexique. Mais, du fait de l’infiltration du mouvement révolutionnaire par les informateurs de la police mexicaine et de l’action de l’agence de détectives Pinkerton, la plupart échouent. Beaucoup de membres du PLM sont arrêtés au Mexique et aux Etats-Unis, et, parmi eux, deux membres de junte : Juan Sarabia et Antonio I. Villarreal. Ricardo Flores Magon évitant de justesse l’arrestation à El Paso.

Sa tête étant mise à prix, Ricardo et Modesto Diaz se réfugient à Los Angeles (Californie). Par la suite il est rejoint par Librado Rivera et Villarreal, également en fuite, et, ensemble, ils fondent Revolucion le 1er juin 1907, qu’ils éditent clandestinement afin de remplacer Regeneracion.

Le 29 juin 1907, Praxedis, qui travaille dans des mines de la Copper Queen Co à Douglas (Arizona), où il écrit des articles pour Revolucion, est nommé délégué spécial de la Junte. Le 30 juin, Manuel Sarabia, qui se trouve également à Douglas est enlevé. Mais avant d’être bâilloné et emmené au Mexique, il a le temps d’appeler à l’aide et de donner son nom. Plusieurs personnes ayant entendu ses appels, la solidarité s’organise. Après un meeting auquel participe Mother Jones et une campagne de presse du Douglas Daily Examiner, le gouvernement mexicain est contraint de libérer Manuel Sarabia. Praxedis joue un rôle important dans cette libération : il fait imprimer et distribuer des tracts en espagnol, et engage deux avocats pour au nom de la Junte.

Le 23 août, Ricardo Flores Magon, Villarreal et Rivera sont retrouvés et arrêtés par les autorités nord-américaines. Le 24 lendemain, les détectives retournent aux locaux de Revolucion, où ils arrêtent Modesto Diaz. Le 27 septembre, Lazaro Gutierrez de Lara, le nouvel éditeur de Revolucion est lui aussi arrêté sur ordre direct du gouvernement mexicain.

Le 9 novembre 1907 Praxedis rencontre Ricardo Flores Magon pour la première fois, lors d’une visite aux trois membres de la Junte emprisonnés à la prison du comté de Los Angeles. Après cette rencontre Praxedis est nommé le deuxième secrétaire à la Junte.

Praxedis rejoint Manuel Sarabia à Los Angeles et organise, les 12 et 26 novembre, des réunions de protestation en soutien à Lazano Gutierrez de Lara. L’avocat socialiste Job Harriman y prend la parole et tentera le 22 décembre d’obtenir sa mise en liberté par un acte d’habeas corpus qui lui ai refusé  [7]. Revolucion est maintenant officiellement édité par Frederico Arizmendez et Fidel Ulibarri. Sous l’impulsion de Praxedis, ils publient des extraits des travaux de Kropotkine, jusqu’à ce qu’ils soient arrêtés a leur tour pour écrits diffamatoires. Ils seront libérés plus tard sous caution, le journal étant pendant ce temps édité par Manuel Sarabia. En janvier 1908, Manuel Sarabia est arrêté, Revolucion cesse de paraître.

Maintenant la tâche d’organiser et de coordonner le PLM des deux côtés de la frontière incombe à Praxedis et au plus jeune frère de Ricardo Flores Magon, Enrique, récemment revenu de New York à Los Angeles. Fin avril, Praxedis et Enrique reprennent l’édition de Revolucion avec l’aide de Modesto Diaz qui a été libéré. Fin mai, Revolucion est définitivement fermé par les agents des services secrets qui détruisent les presses, les meubles et emprisonnent les trois imprimeurs pour « écrits criminels ». Modesto meurt en prison, Praxedis et Enrique sont libérés grace à l’intervention de Frederico Arizmendez et Fidel Ulibarri.

Après la l’interdiction de Revolucion, Praxedis et Francisco Manrique se rendent à El Paso (Texas), où ils prennent contact avec divers groupes révolutionnaires du PLM dans ce secteur. Ils dirigent également l’expédition de fonds et d’armes à travers la frontière aux groupes actifs dans les états du nord du Mexique (Coahuila et Chihuahua). La Junte a réussi à organiser un réseau de groupes révolutionnaires au Mexique, divisé en six zones avec 64 centres armés ; sans compter, dans la région de La Laguna (Chihuaha), les Yaquis et les Tarahumaras.

Après des mois de préparation et d’attente l’heure du deuxième soulèvement du PLM approche. Des groupes armés des deux côtés de la frontière sont près à l’action quand, le 18 juin, c’est le désastre… Informée par un espion qui a infiltré le groupe, la police perquisitionne les maisons des activistes du PLM à Casas Grandes (Chihuahua),

Cinq jours plus tard, le 23 juin, les gardes du Texas pillent la maison de Prisciliano G. Silva à El Paso et saisissent 3000 cartouches, 50 bombes de dynamite et des documents importants comprenant une lettre écrite par Ricardo Flores Magon sortie en contrebande de la prison par sa compagne Maria Talavera. Cette lettre contient de nombreuses d’informations sur les groupes du PLM prêts à se soulever au Mexique. Les autorités nord-américaines remettent immédiatement cette lettre au dictateur mexicain. Et, à sa demande, Ricardo Flores Magon et ses deux camarades sont mis au secret à la prison du comté de Los Angeles.

Néanmoins, en dépit de ce premier échec, un premier groupe du PLM franchi la frontière dans la nuit du 24 au 25 et prend la ville de Viesca (Coahuila) avec facilité, la police locale offrant seulement une faible résistance. Résistance durant laquelle un gendarme est tué et un autre blessé. Les insurgés ouvrent alors la prison, libérant tous les détenus. Le manifeste du PLM est proclamé sur la place publique. Les chevaux et les fonds du bureau public sont expropriés pour la révolution. Tout ceci est accompli sans préjudice pour la population civile. Après avoir tenu la ville une journée, ils sont forcés de se retirer à cause de l’hostilité des habitants qui les prennent pour des bandits. « L’évacuation de Viesca est devenue inévitable », a écrit Praxedis plus tard. Une fois hors de la ville les rebelles se dispersent, certains franchissent la frontière vers les Etats-Unis, et d’autres rejoignent d’autres groupes actifs du PLM. 

Le jour suivant, au cri de « Camarades, vers la mort ou vers la conquête de la liberté ! », un groupe du PLM de 40 hommes, mené par Benjamin Canales, Encamacion Guerra et Jésus M. Rangel attaque la ville de Las Vacas (aujourd’hui Ciudad Acuna) (Coahuila). Bien que la ville ait une garnison de plus de 100 « federales », les soldats - au lieu de rester dans leurs casernes - se cachent dans les maisons de la population civile pour les empêcher d’aider les rebelles. Après une lutte sanglante, pendant laquelle les federales sont réduits à seulement 15 hommes, la ville est finalement prise. En raison de leurs pertes, les insurgées décident d’évacuer la ville. Bien que blessé Jésus M. Rangel mène cette retraite. Le prix de la prise de Las Vacas est élevé. Beaucoup de militants chevronnés ont perdu leur vie ; parmi eux : Canales, tué pendant l’attaque initiale, Nestor Lopez et Modesto G. Ramirez.

Le 1er juillet, avec Enrique Flores Magon, Jose Inez Salazar, Francisco Manrique et 7 autres camarades, Praxedis traverse la frontière mexicaine et attaque la ville de Palomas (Chihuahua), après avoir coupé les fils télégraphiques. Fouillant tout d’abord les maisons des civils pour éviter une répétition de Las Vacas, les insurgés trouvent finalement une force de 25 rurales fermés à clef dans leurs casernes. Une tentative de les déloger est cependant repoussée. Dans cette lutte Francisco Manrique est tué et un autre camarade de Praxedis blessé.

L’action révolutionnaire d’autres groupes du PLM eut lieu dans d’autres parties du pays. Une attaque échoue sur les villes de Matamoros et Tamulipas, ainsi qu’un soulèvement mené par le groupe du PLM de Janos (Chihuahua). En Basse Califormie, la ville de Mexicali est attaquée par une faible force du PLM qui prend le centre ville, alors qu’un soulèvement des Indiens de Yaqui dans Sonora est mené par Fernando Polamarez.

Après l’attaque infortunée sur Palomas, Praxedis et Enrique Flores Magon poursuivent leur route à pied jusqu’à El Paso, en passant par Ciudad Guzonan et Ciudad Juarez. D’El Paso ils vont à Alburquerque (Nouveau-Mexique), où Praxedis reste pour soigner ses blessures. En convalescence il écrit des articles pour le journal libéral Reforma, Libertad y Justicia d’Austin (Texas), édité par Antonio de P. Aranjo et Tomas Sarabia, jusqu’à ce qu’Aranjo soit arrêté par les autorités nord-américaines et le lournal supprimé.

Ses blessures guéris Praxedis quitte Alburquerque et se rend à Douglas (Arizona), tandis qu’Enrique Flores Magon se dirige vers San Francisco.

A Douglas il a fait connaissance avec Jésus M. Rangel, et commencé a projeter le troisième soulèvement du PLM. Après Las Vacas, Rangel a mené une action d’arrière garde quand, en août, lui et un petit groupe de guérillero du PLM, firent tomber une colonne des federales dans une embuscade en Sierra del Burro (Coahuila), tuant 20 soldats. En septembre Praxedis va à El Paso où il peut organiser plus de groupes révolutionnaires, tandis que Rangel se rend en Oklahoma pour obtenir des fonds pour le PLM auprès des mineurs mexicains.

Début 1909, Praxedis voyage comme le délégué spécial de la junte dans les états centraux et méridionaux du Mexique, prennant contact avec tous de groupes actifs qu’il peut rencontrer. Dans le même temps, Hilario C. Salis et Candido Donato Padoua organisent les activités du PLM dans les états d’Oaxaca, Puebla et Tlaxcala. Tous les deux étaient des vétérans du soulèvement 1906 ; et Padoua, commandant « militaire » du PLM pour la région de Vera Cruz, est parvenu à maintenir un groupe actif depuis cette époque. Praxedis reste en contact avec ces deux camarades par courrier, en utilisant le nom de code Nihil.

Retournant aux Etats-Unis début de mars il traverse le Kansas, le Missouri et l’Illinois gagnant à la cause du PLM des membres du parti socialiste. En août il est encore à El Paso où il a rejoint Rangel et Andrea Villarreal (la soeur d’Antonio), qui sont engagés dans le travail d’organisation et de propagande. Le jour suivant l’arrivée de Praxedis, Rangel est arrêté par les autorités des Etats-Unis pour « violation » des lois de neutralité et condamné à 18 mois d’emprisonnement.

Après que ce coup dur, Praxedis doit se rendre au sud du Texas où il a trouvé le travail pour un temps dans une scierie, afin d’échapper à la machine judiciaire nord-américaine qui commence à le harceler.

L’arrivée de Praxedis à El Paso a également vu la publication de la première version de Punto Rojo, un journal révolutionnaire qu’il projetait depuis sa convalescence après Palomas. La plupart des autres journaux libéraux aux Etats-Unis, ayant été supprimées par les autorités, il était capital pour PLM de garder le contact avec ses membres. Durant sa courte existence Punto Rojo est vendu à 10.000 exemplaires par tirage. Peu après la parution de Punto Rojo, Praxedis est contraint de quitter El Paso, le journal est alors repris par un socialiste américain, William Lowe, et deux Mexicains, Clemente Garcia et Antonio Velaral.

Début 1910 Praxedis travaille à Houston (Texas), où, le 1er février, il échappe à une arrestation en sautant par la fenêtre du troisième étage. Il se cache, le temps de soigner l’épaule qu’il s’est foulé, puis se déplacer à Bridgeport pour y travailler dans les mines de charbon. Pour commémorer la mort de Ferrer, Praxedis parcourt le Texas pour encourager la fondation d’écoles modernes.

Par ailleurs, il fonde la Ligue Panaméricaine du Travail qui, du Texas et de l’Arizona, s’étend rapidement à plusieurs Etats mexicains. Les six principes mis en avant dans le programme de la Ligue sont les suivants : « 1. Propagande et soutien de l’enseignement rationnaliste ; 2.Emancipation de la femme ; 3. Destruction des préjugés de race et de nationalité qui aujourd’hui divisent l’humanité ; 4. Participation des prolétaires de toutes les nations de l’Amérique à toutes les affaires qui les concernent ; 5. Amélioration du salaire et des conditions de travail ; 6. Abolition de la guerre.  [8] »

Il rédige également des articles pour Evolucion social, un hebdomadaire libéral de Tohay. Fin mai Punto Rojo est fermé par la police. Un mois plus tard, Praxedis, qui prépare l’évasion de Juan Sarabia de San Juan de Ulua (Mexique) doit de nouveau se déplacer. Sa tête est mise a prix 10 000 dollars par le gouvernement mexicain.

Le 3 août, Ricardo Flores Magon, Antonio I. Villarreal et Librado Rivera sont libérés de la prison de Florence (Arizona), où ils avaient purgé une peine de 18 mois pour une prétendue « violation des lois de neutralité ». Ils se rendent immédiatement à Los Angeles où ils sont accueillis à la gare par des centaines de sympathisants du PLM. 

À la fin août Praxedis quitte San Antonio, où il a travaillé dans les ateliers ferroviaires, et rejoint Ricardo Flores Magon à Los Angeles. En septembre la publication de Regeneracion reprend, avec Praxedis en tant que membre du comite de rédaction. Les membres de junte de nouveau réunis (à l’exception de Juan Sarabia), le projet d’un troisième soulèvement leur est soumis  [9].

La junte apprend que Francisco O. Madero, le candidat perdant lors des élections présidentielles tenues en juin  [10], projette un soulèvement pour le 20 novembre. Leurs plans n’étant pas entièrement près la junte contacte les groupes du PLM au Mexique afin qu’ils associent leurs soulèvements à celui de Madero. Ils envoient également une circulaire générale expliquant tout à fait clairement la manière dont les groupes doivent agir envers les agents de Madero.

« La junte vous conseille de vous soulever en utilisant le mouvement de Madero, mais sans le rejoindre (…) attirez tous ceux qui, de bonne foi, sont disposés à combattre ; essayez à chaque fois de contrecarrer les tendances maderistes, de sorte que la révolution soit faite au profit du peuple mexicain, au lieu de suivre le moyen criminel dont se sert un groupe d’ambitieux pour prendre le pouvoir ».

Ces instructions sont signés par tous les membres de junte.

Les Maderistes se soulèvent le jour prévu. Le PLM passe à l’offensive. À fin novembre Praxedis quitte Los Angeles pour El Paso où il rejoint un groupe de 22 hommes et, la nuit du 19 décembre, ils franchissent la frontière du Chihuahua. Son plan est de prendre plusieurs petites villes dans le nord de l’Etat, puis de marcher sur le capital de l’état du Chihuahua. Le 23 décembre les insurgés s’apparent de la station ferroviaire de Sapeyo (39 kilomètres au sud de Ciudad Juarez). Ils prennent un train et vont jusqu’à Guzman, faisant sauter des ponts et coupant des fils de télégraphe derrière eux. Ils sont rejoints, le jour suivant, à El Sabinal, par 25 autres rebelles. Ce jour Praxedis pouvait rapporter de nouveau à la junte à Los Angeles : « Jusqu’à aujourd’hui il y avait rien eu de nouveau. Mais aujourd’hui le chemin de fer du nord-ouest est sans ponts. Le peuple nous rejoint volontairement, Guerrero. ».

C’est à Guzman que les rebelles se divisent en deux colonnes. Tandis que l’une d’elles, mené par Prisciliano G. Silva, marche vers Laguna De Santa Maria, l’autre, se composant de 32 hommes menés par Praxedis, marche vers Casas Grandes. Praxedis renonce à prendre cette ville quand il découve que la ville a caché une garrison de 450 « federales »  [11]. Déviant de Casas Grandes, il attaque la ville de Janos le 29 décembre. Après qu’un long et sanglant combat la ville est prise par les insurgés du PLM, mais avant que le détachement des « federales » postés là soit maitrisé il es parvenu à alerter la garrison de Casas Grandes. Immédiatement une force de 150 « federales » ainsi qu’un détachement des « rurales » est envoyé à Janos. Pendant l’affrontement de nuit qui suit leur arrivée Praxedis est mortellement blessé. Il meurt à l’âge de 28 ans.

Cet article est basé sur une traduction de The anarchists and the Mexican Revolution Praxedis G. Guerrero 1882 - 1910, de Dave Poole. Publié dans Cienfugos Press Anarchist Review n°4, 1978.

[1] El Heraldo del Comercio à Leon et El Despertador à San Felipe

[2] El Demofilo de Juan Sarabia, El Hijo del Ahuizote de Ricardo Flores Magon

[3] La « Seconde réserve militaire » (créée par le ministre de Guerre Bernardo Reyes), reprenant l’organisation du Landwehr allemand, donnait à des volontaires une formation militaire afin de fournir des officiers et sous-officiers capables d’encadrer une éventuelle mobilisation.

[4] Ricardo Flores Magon en est le président ; Juan Sarabia le vice-président ; Antonio I. Villarreal le secrétaire ; Enrique Flores Magon le trésorier ; Librado Rivera, Manuel Sarabia et Rosalio Bustamante les membre du comité

[5] Praxedis en est président, Manuel Vasquez secrétaire et Francisco Manrique membre du bureau

[6] « Carta de Ricardo Flores Magon a Praxedis G. Guerrero del 21 de septiembre de 1906 », Praxedis G. Guerrero, Articulos de combate, Ediciones Antorcha, 1984.

[7] De Lara ne sera libéré que le 30 mai 1908 pour absence de preuve

[8] Regeneration n°8 du 22 octobre 1910

[9] Déjà, dès avril, les chefs militaires du PLM, se réunissant dans le Tlaxcala, avaient décidé qu’en raison du mécontentement général dans tout le pays, le moment de l’action révolutionnaire était opportun. En mai, 1 500 peons armés avaient pris la ville de Vallaladolid (Yucatan) la tenant durant 4 jours. Le mois suivant, 300 peons à Bernardino Contla (Tlaxcala) avaient pris l’hôtel de ville au nom du PLM, avant d’être dispersés par un détachement des « federales » appelé en renfort

[10] Madero avait représenté le parti anti-reelectioniste et, après sa défaite accusé Diaz d’avoir truqué l’élection.

[11] Praxedis G. Guerrero, Articulos de combate, Ediciones Antorcha, 1984, Chronologie.


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