La Bouche de Fer

Le révolutionnaire

mercredi 7 mai 2008 par Erich Mühsam

Dédié à la social-démocratie, ce poème est en fait une critique des concessions permanentes de ce mouvement. Il es paru dans le recueil Der Krater (Berlin, 1909)

Il était une fois un révolutionnaire

Nettoyeur de lampes de son métier

Qui s’en alla au pas révolutionnaire

Avec les révolutionnaires

*

Et il cria : Je révolutionne

Et le bonnet révolutionnaire

Sur l’oreille gauche

Il devenait très dangereux

*

Et les révolutionnaires marchèrent

A travers les rues

Où il avait l’habitude

De nettoyer les becs de gaz.

*

Afin de les éloigner du terrain

On arracha les becs de gaz

Pour faire des barricade

Avec les pavés de la rue

*

Mais notre révolutionnaire

Dit : Je suis le lampiste

Je vous en prie ne faites rien

A ces bonnes lumières brillantes

*

Si nous supprimons la lumière

Aucun bourgeois n’y verra clair.

Laissez les lampes debout je vous en prie

Sinon je ne suis plus de la partie.

*

Les révolutionnaires se mirent à rire

Et ils brisèrent les becs de gaz.

Alors le lampiste s’enfuit

En pleurant des larmes amères.

*

Et il resta dans sa maison

Et là, il se mit à écrire un livre :

"Comment on révolutionne

Sans démolir les becs de gaz".

Erich Mühsam


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