La Bouche de Fer

Conclusion

lundi 21 juillet 2008 par E. Axenberg

Terminons-en là avec les comparaisons rapides, pour montrer l’épilogue du régime jacobin. Les vaincus furent guillotinés en masse et sans jugement tandis que la responsabilité de la Terreur fut rejetée sur Robespierre, ce qui permit au régime suivant d’assumer la continuité de l’État. Collot d’Herbois et Billaud-Varenne avaient prévu les risques d’une scission. La Commune est épurée, puis réduite à néant. Le Tribunal révolutionnaire subit un sort identique, enfin le Comité de Salut public est réorganisé (24 août 1794). Billaud-Varenne et Collot d’Herbois seront arrêtés et déportés le 2 mars 1795. Faute d’un parti structuré qui aurait arbitré les conflits et préservé ses intérêts, l’intelligentsia jacobine éclate et perd le pouvoir. Avant cela on assista n la lutte entre plusieurs conceptions du gouvernement ; d’un côté les Thermidoriens de droite, surnommes les « pourris » comme Fouché, Barras ou Tallien, anciens terroristes corrompus, pressés d’instaurer le libéralisme tous azimuts avec les profiteurs de la crise ; de l’autre les Thermidoriens de gauche souhaitant continuer la dictature dans un sens plus social. Après le 9 Thermidor, ils prévoyaient de relever les salaires ouvriers, mais leur défaite rendit impossible cette politique.

Ce qui est le plus important, c’est le réveil d’un courant populaire après le 9 Thermidor, avec la création du Club électoral. Animé par des militants antiterroristes comme l’enragé Varlet et soutenu par Babeuf, le club remportera un succès croissant. Il voulait le retour du pouvoir populaire et l’étendait dans un sens antiétatique (la nomination par le peuple des fonctionnaires était l’une de ses revendications). Contrairement à ce qu’écrit le moderniste François Furet, Thermidor ne posa pas le problème entre dictature et liberté, mais entre gouvernement et liberté. Le gouvernement était pleinement responsable de la Terreur, et il est dérisoire d’opposer un système parlementaire classique à la dictature des comités, alors que la Convention était toute impliquée dans les mesures de l’An II. Plutôt que d’admettre le débat, les Thermidoriens se réconcilièrent un moment pour fermer le Club électoral et faire arrêter les leaders populaires. Ce débat entre liberté et gouvernement a aussi été évacué par les historiens. Marxistes ou bourgeois, ils préfèrent se positionner sur une des factions thermidoriennes, vouer un culte à l’incorruptible ou… aux Girondins.

Il se peut que nous ayons eu tendance à noircir la période jacobine au cours de notre étude par rapport au reste de la Révolution. C’est le propre de toute étude partielle, mais nous espérons que l’on ne nous classera pas parmi les adorateurs ou les blasphémateurs de la Révolution française. La période jacobine ne doit pas être un repoussoir, mais située dans les débats provoqués par la période. C’est l’intention de cette brochure.


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