La Bouche de Fer

Fondation de la FOA

lundi 14 janvier 2008 par Partage Noir

Le 25 mai 1901, un congrès ouvrier se tient à Buenos-Aires et débouche sur la création de la Federacion Obrera Argentina (FOA : Fédération ouvrière argentine). De nombreux anarchistes y participent : ils sont mêmes majoritaires. Citons Pietro Gori, célèbre propagandiste italien et grand orateur qui a joué un grand rôle dans la défaite des anarchistes anti-organisationnels. Avant toute chose, une motion stipulant que « la FOA n’a aucune sorte de compromis avec les partis socialiste ou anarchiste » est approuvée à l’unanimité des 50 délégués présents. Le congrès se prononce ensuite en faveur de la grève générale et du boycott, pour une baisse des loyers, et organise le système de cotisation et le mode de représentation des délégués. C’est lors de son IVe congrès que la FOA changera de nom pour devenir la FORA.

Mais quelques mois plus tard (en novembre 1901) les premières scissions apparaissent. La Organizacion refuse de devenir l’organe de la FOA comme il en avait été convenu lors du congrès. Elle devient en fait le porte-parole de la minorité socialiste de la FOA et émet une déclaration de principes destinée à créer une autre centrale ouvrière en évoquant « l’impraticabilité de la FOA et la désorganisation des syndicats ».

Pendant cette période de nouvelles grèves éclatent, surtout dans les ports et à Buenos-Aires (celles des dockers, des ouvriers boulangers, grèves dans les industries graphiques du marbre, de cigarettes, de tailleurs de pierre…). A noter aussi les événements de Rosario (en octobre 1901) : lors d’une grève -comme toutes les grèves de l’époque, portant sur les salaires et le temps de travail- dans une raffinerie de sucre à Rosario, un ouvrier fut tué par la police. Les ouvriers réagissent et organisent une grève générale à Rosario, et des manifestations de protestation ont lieu dans les grandes villes argentines. Les luttes des années 1900-1902 eurent pour conséquence de nouveaux syndicats qui, dans la plupart des cas, adhérent à la FOA.

Malgré les rivalités entre socialistes et anarchistes, le IIe congrès de la FOA se tient les 19 et 20 avril à Buenos-Aires : 76 délégués représentant 48 syndicats y assistent. Au début du congrès un événement important se produit : se servant d’un prétexte bidon (le congrès devant statuer sur la représentativité des délégués décida qu’un certain Toricelli, journaliste -et important socialiste- ne pouvait représenter le syndicat des dockers de La Plata) 19 syndicats représentant 1.730 adhérents sur les 9.410 que comptait la FOA se retirent du congrès. Néanmoins, le congrès continue et diverses motions sont adoptées : réaffirmation de l’indépendance de la FOA vis-à-vis des partis politiques ; décision de constituer des fédérations locales de syndicats ; affirmation de l’autonomie de chaque société ; motions pour la propagande antimilitariste, pour l’internationalisme, pour l’abolition du travail nocturne et du travail à forfait, pour la création de coopératives, etc. De plus, elle décide de faire son propre cortège pour la manifestation du 1er Mai, rejetant ainsi l’offre du PSOA qui l’invitait a se joindre à son propre cortège.

Vingt jours à peine après le congrès de la FOA, les 19 syndicats disidents se regroupent en un « Comité de propagande syndicale », bien accueilli par les journaux socialistes. Ce comité se transformera plus tard en une Union générale des travailleurs (UGT). Donc, dès juin 1902, deux centrales syndicales existent en Argentine : la FOA d’un côté, la future UGT de l’autre.


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