La Bouche de Fer
Les Hommes du jour, 25 avril 1908

Georges Yvetot

lundi 3 décembre 2007 par Hacked by NRVAX

Voici l’un des plus redoutables bandits que recèle cet antre de malfaiteurs qui s’appelle la Confédération Générale du Travail. Le citoyen Yvetot est l’ennemi de tout ce qu’on nous a appris à respecter ici-bas (style de la Patrie) ; il se dresse en adversaire implacable du capital, du patriotisme, de la religion. Et comme il ne se contente pas de formuler des théories, d’écrire des articles de journaux et qu’on le sent prit à passer vigoureusement aux actes, les défenseurs de l’ordre s’efforcent de le mater, de le mettre hors d’état de nuire et lui offrent, le plus souvent possible, une villégiature à la Santé ou à Clairvaux, aux frais de l’État.

Lorsque j’écrivis à Yvetot, non encore amnistié, pour le prier de me fournir quelques détails complémentaires sur sa biographie et ses antécédents judiciaires, il me répondit en manifestant son étonnement de se voir destiné à figurer dans ce qu’il appelle mon « Musée des Horreurs ». En effet, au milieu des pantins et des fripouilles que nous avons, à quelques exceptions près, exhibés devant le public, un homme comme Yvetot parait singulièrement déplacé. Mais ce nous est une occasion de montrer un honnête homme d’abord et ensuite de commenter l’action et les théories du syndicalisme.

Cette biographie sera simple, comme la vie de celui qui en est l’objet. Simple mais point banale et elle peut être une utile leçon de loyauté et de courage.

Yvetot, déjà plusieurs fois condamné et qui, à peine âgé d’une quarantaine d’années, possède un passé de militant, est né à Paris, dans la caserne des Minimes.

Il est le fils d’un gendarme. Son père, issu d’un brave gars de Normandie servit d’abord dans la garde impériale, puis, son temps fini, ne voulut pas revenir chez lui travailler la terre au profit des autres. Il refusa également de continuer des études commencées pour la prétrise ; il se maria, entra dans la gendarmerie et devint bientôt le père de deux enfants : une fille qui mourut dans un couvent en 1887 et un garçon qui devait devenir un terrible révolutionnaire.

Georges Yvetot a donc grandi dans un milieu clérical et militariste. A la vérité, son père n’était pas un gendarme sans pitié, à cheval sur les principes ; il était plutôt remarquable par son manque de zèle. A sept ans, Yvetot perdit sa mère. A douze ans, il perdit son père qui mourut le jour même où il devait prendre sa retraite. L’orphelin se trouva en face d’une belle-mère (son père s’était remarié) qui me demandait qu’à se débarrasser de lui. Déjà il avait été renvoyé de l’école des frères où on l’avait placé, à cause de son insupportable conduite. C’était un batailleur, un rouspéteur dont on voulait faire un enfant de troupe et qui aurait pu devenir un militaire. On se contenta de le placer à Auteuil, à l’orphelinat de l’abbé Roussel où il payait lui-même sa pension avec la retraite de son père.

C’est là que le jeune Yvetot apprit, de 1880 à 1887, le métier de typo. il a gardé un excellent souvenir de son passage à l’Orphelinat d’Auteuil et, volontiers, il déclare que les Jésuites qui le gardaient enfant ne sont pas sensiblement différents des Jésuites de toutes nuances qu’il a connus, homme.

En 1887, à l’âge de dix-neuf ans, Yvetot sortit de son orphelinat et commença à exercer son métier. II entra au journal la Patrie, où il travailla pendant sept ans. On lui a reproché quelquefois d’avoir fait figure de sarrasin, c’est-à-dire d’avoir travaillé à des salaires inférieurs et de ne pas s’être solidarisé avec ses camarades de classe. Le fait est exact, en effet, et Yvetot ne craint pas de le reconnaitre. II faut seulement remarquer qu’il était jeune, qu’il sortait des griffes cléricales, et qu’il n’avait pas encore pris conscience de sa situation d’exploité. Peu à peu, cette conscience lui vint, au contact de camarades révolutionnaires. II fit son apprentissage de militant au Comité d’action de la Verrerie Ouvrière, où il représentait sa Coopérative de consommation. A la même époque, il fit la connaissance de Fernand Pelloutier, l’un des fondateurs et des organisateurs du Syndicalisme, qui eut une grande et heureuse influence sur lui. Depuis le jour où il le rencontra, Yvetot le suivit fidèlement et ne se sépara de lui qu’à sa mort. C’est sans doute cette amitié persévérante qui lui valut de remplacer Pelloutier au secrétariat de la Fédération des Bourses du Travail, devenue depuis la Section des Bourses de la CGT.

*

Il nous faut dire ici quelques mots sur Fernand Pelloutier, qu’on affecte aujourd’hui d’ignorer, et qui fut l’un des plus dévoués et des plus clairvoyants parmi ceux qui luttèrent pour le triomphe de la classe ouvrière.

Pelloutier, auteur de l’admirable Hisloire des Bourses du Travail, etait un fils de bourgeois, et comme beaucoup de fils de bourgeois, il fut l’un des défenseurs les plus convaincus et les plus solides des travailleurs qui le méconnaissent trop souvent. De bonne heure il collabora aux journaux avancés. Natif de Nantes, il était lié avec Aristide Briand, futur ministre, et il lui arriva de soutenir sa candidature.

Membre du Parti Ouvrier français, il fut directeur d’un journal où collaborèrent Vaillant, Landrin,Guesde, et, fonda, à Saint-Nazaire, une section du Parti. Mais bientôt, dégoûté de l’action électorale, mal à l’aise dans ce Parti Ouvrier discipliné et pondéré qui n’a pour unique objectif que le mandat à conquérir, Pelloutier, considéré de bonne heure comme l’enfant terrible du Parti et qui, dès le Congrès de Tours, avait fait voter le principe de la grève générale, s’orienta rapidement vers les idées communistes-libertaires. II se sépara des Marxistes et se mit, patiemment, à organiser les Syndicats révolutionnaires.

En 1894, il était délégué à la Fédération des Bourses par Nantes et Saint-Nazaire et se faisait remarquer par son ardeur à défendre la grève générale. En 1895, il devint secrétaire de la Fédération des Bourses du Travail. II avait, comme appointement, 100 francs par mois, et, jusqu’à la fin de sa vie, il connut la gène, sinon la misère et se refusa à compter parmi les profiteurs du Syndicalisme. Imbu de l’esprit qui animait l’lnternationale, selon Bakounine, il s’appliqua à donner à la Fédération des Bourses, l’impulsion révolutionnaire. C’est à lui qu’on doit le développement du Syndicalisme qu’il orienta de plus en plus vers les conceptions communistes-libertaires, et qu’il mit en garde contre l’autoritarisme des socialistes-étatistes et l’ingérence des politiciens. Il mourut le 13 mars 1901.

Au contact de ce militant sincère et ardent qu’était Fernand Pelloutier, le jeune Yvetot comprit quelle tâche lui était réservée. Continuer l’œuvre de son prédécesseur, organiser la classe ouvrière en syndicats et agir dans le sens révolutionnaire, telles devinrent ses préoccupations.

On a pu voir comment il entend son rôle de militant. Sans cesse poursuivi, souvent condamné, il n’en continue pas moins sa propagande antimilitariste et antipoliticienne. Les années de prison, qui tombent drû sur sa tête, n’abattent point son courage et, à la cour d’assises, devant les messieurs en robes rouges et les jurés bourgeois, il fait paraitre une belle insolence. Pourtant Yvetot est père de famille. II a deux enfants : un garçon de dix-sept ans, un autre de onze ans. Il y a là de quoi faire réfléchir l’homme le plus hardi, surtout à notre époque d’individualisme exagéré où chacun cherche à se faire la part la plus belle. Mais Yvetot n’est pas de ceux qui font passer leur intérêt personnel avant toute autre considération. II a voué son existence entière à une besogne déterminée. Même au sein de la CGT où bien des tempéraments se heurtent, où bien des individus assagis laissent voir une prudence et une habileté excessives, Yvetot ne craint pas de mettre les pieds dans le plat. Au congrès de Bourges, en 1904, alors qu’il fût question de rapprochements entre le monde ouvrier et les partis politiques, Yvetot fût le plus opiniâtre défenseur de l’autonomie syndicale. Au congrès d’Amiens, en 1906, il mérita l’épithète de « maladroit », grâce à la motion antimilitariste qu’il présenta et que refusèrent de voter des syndicalistes réputés anarchistes. L’adresse, en effet, si l’on appelle ainsi la tiédeur des convictions et le souci de la conservation fait défaut à notre camarade. Il va droit son chemin, sans s’occuper de lui-même, Il fonce sur l’ennemi. II n’y a d’ailleurs qu’à le regarder : il évoque le bouledogue. Il est toujours prit à mordre, à déchirer. Dans un large sourire de bon garçon, on voit luire des dents qui s’apprétent à déchiqueter l’adversaire. Gare au jour des règlements de compte : le bouledogue de la révolution saurs planter ses crocs dans la gorge des voleurs capitalistes.

*

Pour mieux comprendre Yvetot, il nous faut examiner ici les théories syndicalistes sur lesquelles nous reviendrons prochainement, quand nous présenterons d’autres militants.

II y a plusieurs tendances dans le mouvement syndicaliste. Mais il y a, tout de même, des vues d’ensemble. Il faut distinguer d’abord deux grands courants : le syndicaliste reformisme et le syndicalisme révolutionnaire. Nous nous occuperons de ce dernier, le seul qui compte véritablement.

Le syndicalisme réformiste, en effet, n’est guère autre chose que la résurrection de l’ancien corporatisme tel qu’il existait avant la Révolution. Cependant, au Moyen-âge, ainsi que Reclus l’a mis en lumière, Ies corporations étaient d’essence révolutionnaire, elles visaient au triomphe de la classe dite des artisans. Peu à peu les bourgeois s’emparèrent de la direction de ce mouvement. Les corporations devinrent des groupements composés de patrons et d’ouvriers et il en résulta pour ces derniers, une discipline, des obligations, des corvées. La Révolution accomplit un acte nécessaire en les détruisant, mais, malheureusement, elle laissa l’ouvrier isolé, sans défense devint les exigences patronales.

Fatalement les corporations devaient se reconstituer sous une autre forme. C’est l’origine des syndicats. Le développement du machinisme, l’extension du capitalisme devaient conduire les ouvriers à se grouper, à se solidariser pour la lutte. Au début, les préoccupations des syndicats furent les mêmes que celles des anciennes corporations, seulement la communauté d’intérêts entre patrons et ouvriers disparut. Les travailleurs prirent bientôt conscience de l’antagonisme qui s’établit entre leurs intérêts et les intérêts patronaux.

*

Le but des syndicats fut d’abord de lutter contre la tyrannie patronale et de lutter au jour le jour, pour obtenir de meilleures conditions de travail, des relèvements de salaires, des diminutions d’heures de travail, etc. Ces desiderata sont encore ceux des réformites qui ne veulent rien changer à l’organisation sociale actuelle. Mais peu à peu, les ouvriers comprirent qu’il ne suffisait pas de conquérir quelques droits éphémères et qu’à une augmentation de salaires, pour prendre un exemple, correspondait fatalement une augmentation du prix des objets et produits nécessaires à la vie. Ils virent clairement qu’il n’y avait rien à espérer tant que l’organisation sociale ne serait pas transformée. Ils conçurent très nettement la nécessité de changer radicalement le mode de propriété et le régime économique.

Dès ce jour, le syndicalisme révolutionnaire était né. Il poursuivait l’abolition de la propriété individuelle et la reprise des instruments de travail et du sol. L’entrée des anarchistes dans les syndicats qui demeurèrent longtemps des instruments passifs entre les mains des hommes politiques fut pour beaucoup dans cette orientation. Elle apprit surtout aux travailleurs à se passer du concours des politiciens qui font plutôt leurs affaires que celles du monde ouvrier.

La lutte acceptée, le but admis, restaient les moyens à employer. D’abord, organiser la classe ouvrière, l’éduquer, la rendre apte à s’occuper, le cas échéant, de prendre la direction économique et de réglementer la production et la consommation ; ensuite, lui donner le sens révolutionnaire et lui faire comprendre qu’à l’époque actuelle, la violence seule peut permettre de résoudre la question sociale.

Devant les ouvriers groupés, se dressaient les forces capitalistes ayant à leur service le suffrage universel, la religion, le militarisme. On enseigna aux ouvriers le mépris des politiciens et on leur demanda de faire leurs affaires eux-mêms. On leur apprit, également, à rire des sornettes débitées par les prêtres. Enfin, et ce fut la besogne essentielle, on leur expliqua le rôle de l’armée, chien de garde du capital et on les instruisit dans la haine des guerres et des patries.

*

Mais il ne fallait pas cependant tomber dans un autre travers. En attendant cette fameuse Révolution sociale dont on parle depuis bientôt un siècle, et qui tarde tant à venir, il y avait des progrès à accomplir, des améliorations à conquérir. La Révolution ne devait pas étre comme une sorte de Messie toujours espéré, pour laquelle on dut oublier la situation actuelle.

II fallait, immédiatement, se mettre à l’oeuvre. Plus la classe sociale gagne en prospérité matérielle, plus elle a le temps de réfléchir, sur sa condition, plus elle échappe à l’alcoolisme, au dégoût et à l’abandon.

Le premier moyen était la grève, grâce à laquelle on pouvait obliger le patron à capituler. Mais de l’idée de grève partielle à l’idée de grève générale, il n’y avait qu’un pas. Ce qu’on obtenait paritellement, il était possible par une entente plus large et plus réelle de l’obtenir d’une façon plus générale et d’arriver ainsi au but qui est la suppression de la propriété individuelle et du capitalisme.

Seulement, en face des ouvriers en grève, se dressaient d’autres ouvriers en uniforme. Les baïonnettes se liguaient contre les bras croisés et quelques mois de privations, de misères, stoïquement consenties aboutissaient presque toujours à un échec. L’ennemi direct, véritable, était le soldat. Il fallait donc attaquer l’Armée. De là, la nécessité de l’antimilitarisme et, derrière lui, de l’antipatriotisme.

D’autres moyens s’offraient à la classe ouvrière : l’action directe d’abord. Les bourgeois n’ont jamais bien compris la signification de ce mot. Par action directe, on entend le mouvement de la rue, l’agitation populaire, la pression sur les pouvoirs publics pour les obliger à consentir une réforme, à voter une loi nécessaire. C’est par l’action directe qu’on a pu obtenir la suppression des bureaux de placement.

Enfin le sabotage. Ici, les bourgeois poussent des cris d’horreur. Le sabotage est pourtant autre chose qu’une des formes de la grève, mais c’est une grève agissante. En place de la simple cessation du travail, on a conçu une autre tactique : on fait du mauvais travail. Un patron ne veut pas accepter une augmentation de salaire justifiée, les ouvriers se mettront d’accord pour saboter le travail, c’est-à-dire pour l’exécuter dans de mauvaises conditions et pour empêcher le patron d’empocher ses bénéfices. Inutile de dire que le sabotage ne s’exerce que partiellement, sur les patrons, et non sur les consommateurs, et qu’il ne prend pas le moins du monde ce caractère de danger public que lui ont accordé les conservateurs apeurés.

*

Arrêtons-nous. Nous ne pouvons nous étendre davantage sur l’action et le système syndicaux. II faudrait un volume. Nous avons, de notre mieux, essayé de résumer les tendances, les moyens et le but poursuivi par les ouvriers syndiqués.

La Confédération Générale du Travail –cette effrayante et mystérieuse CGT qui, aux abords du Premier Mai, fait frissonner d’horreur la classe bourgeoise– réunit et exprime les voeux et les forces du monde ouvrier. Elle comprend la section des Bourses du Travail et l’Union des Syndicats. Georges Yvetot est le secrétaire de la section des Bourses.

À Côté d’Yvetot, il y a d’autres militants, d’autres travailleurs délégués par leurs camarades et s’occupant de l’organisation et de l’administration syndicales. Malheureusement, il en est qui ont une tendance à tomber dans le fonctionnarisme et qui oublient trop facilement le rôle qu’il ont assumé.

Yvetot, lui, représente la tradition révolutionnaire. Il combat avec sa belle vaillance le militarisme, le monde des politiciens et le capital. Pour lui, la période d’organisation est terminie. La classe ouvrière est assez forte. Le moment de l’action est venu.

C’est un réconfort que de voir un homme comme Yvetot se jeter aussi résolument dans la bataille. II n’est pas de ceux qui considèrent le syndicalisme comme chose en soi, comme un but, mais simplement comme un moyen de transformation sociale.

Cette attitude lui a valu, plus d’une fois, les rigueurs des justes lois. Dès 1903, Yvetot était condamné, pour défit de parole, à Nantes, à 1 mois de prison. Poursuivi ensuite pour son Manuel du Soldat, il fut plusieurs fois acquitté à Paris, à Troyes, etc. II était, après ça, condamné à Rouen, en février 1904, à 2 mois de prison ; puis, encore à Rouen, en juillet de la même année, à 3 mois par défaut ; enfin, en décembre, à 2 mois.

*

Vint ensuite cette fameux affiche rouge, à propos de laquelle l’auteur de ces lignes fut bêtement calomnié. On l’accusa d’avoir rédigé sournoisement cette affiche et d’avoir refusé ensuite de la signer. Nous reviendrons, à l’occasion, sur cette affaire. Pour l’instant, notons simplement qui Yvetot, l’un des rédacteurs, fut mieux favorisé que ses camarades. Il en eut pour 3 ans.

Sa dernière condamnation date de 1907. Poursuivi avec Marck, on lui octroya libéralement quatre années de prison.

On le voit, Yvetot a déjà mis au service de sa cause, quelques années de liberté. Quand nous aurons dit que cet infatigable propagandiste est déjà prêt à reprendre son existence de militant et qu’il va continuer à lutter par la plume et par la parole, nous aurons fini de le peindre.

Dans la vie, Yvetot est un modeste, un simple, presque un timide. Mais il faut le voir, dans une réunion publique, au milieu des travailleurs. Son audace ne connait pas de bornes. Pendant des heures, il tient la tribune, inlassable, jetant l’anathème sur la société bourgeoise, fulminant contre la société, secouant la torpeur de la classe ouvrière…

Son seul tort, parfois, c’est d’être un peu long. Mais qu’il me pardonne cette pointe. Si bien des militants, même dans la CGT, apportaient dans la lutte, la même ardeur et le même désintéressement, la jolie société où nous sommes condamnés à vivre aurait ses jours comptés…

Flax

Flax. – Georges Yvetot / ill. couv. Aristide Delannoy. – Paris : Hommes du jour, s.d. – 4 p. : ill. – (Les Hommes du jour ; 14. Deuxième série). N° du 25 avr. 1908.


Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 107453

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Les hommes du jour   ?

Site réalisé avec SPIP 2.0.8 + AHUNTSIC

Creative Commons License