La Bouche de Fer

Pacte de solidarité approuvé par le IVe congres régional et adopté par le IXe (1923)

mardi 1er janvier 2008

Pacte de solidarité approuvé par le IVe congres régional et adopté par le IXe (1923)

Considérant

Que le développement scientifique tend, de plus en plus, à économiser les efforts de l’homme pour produire ce qui est nécessaire à la satisfaction de ses besoins ; que cette même abondance de production déloge les travailleurs de l’atelier, de la mine, de l’usine et de la campagne, en les convertissant en intermédiaires et en rendant, avec cette augmentation de salariés improductifs, leurs vies chaque fois plus difficiles ; que tout homme requiert, pour sa subsistance, un certain nombres d’articles indispensables et par conséquent doit consacrer une quantité déterminée de temps à cette production, comme le proclame la justice la plus élémentaire ; que cette société porte en son sein le germe de sa destruction dans le déséquilibre permanent entre les besoins créés par le progrès même et les moyens de les satisfaire, déséquilibre qui produit les incessantes rebellions dont nous sommes témoins sous forme de grèves ; que la découverte d’un nouvel instrument de richesse, ainsi que sa perfection, conduit des milliers de foyers à la misère, alors que la raison nous dit qu’à une plus grande facilité de production devrait correspondre une amélioration générale de la vie des peuples ; que ce phénomène contradictoire démontre la vicieuse constitution sociale présente ; que cette constitution vicieuse est cause de guerres intestines, de crimes, de dégénérescences, perturbant. l’ample concept de l’humanité donné par les penseurs les plus modernes, en se basant sur l’observation et sur l’induction scientifique des phénomènes sociaux ; que cette transformation économique doit aussi se refléter dans toutes les institutions ; que l’évolution historique va dans le sens de la liberté individuelle ; que celle-ci est indispensable pour que la liberté sociale soit un fait ; que cette liberté ne se perd pas en se syndiquant avec les autres producteurs, au contraire elle augmente par l’intensité et l’extension qu’acquiert la puissance de l’individu ; que l’homme est sociable, et par conséquent la liberté de chacun n’est pas limitée par celle de l’autre selon le concept bourgeois, sinon que la liberté de chacun est complémentaire avec celle des autres ; que les lois codifiées et fiscales doivent disparaître pour faire place à des normes de coexistence, découlant de la constatation scientifique et vécue par le peuple même dans sa continuelle aspiration vers le meilleur ; que ceci sera seulement possible lorsque sera effectuée la transformation sociale qui détruira les antagonismes et permettra que se développe un peuple de producteurs libres pour qu’enfin le serf et le seigneur, l’aristocrate et le plébéien, le bourgeois et le prolétaire, le maître et l’esclave, qui avec leurs différences ont ensanglanté l’histoire, s’embrassent sous la seule dénomination de frères :

Le IVe Congrès de la Fédération ouvrière argentine déclare devoir diriger tous ses efforts pour obtenir l’émancipation complète du prolétariat, en créant des sociétés de résistance, des fédérations d’offices, des fédérations locales et en consolidant la fédération régionale pour que de la sorte, en procédant du simple au composé, -en élargissant les horizons étroits dans lesquels ont vécu jusqu’à aujourd’hui les producteurs et en leur donnant plus de pain, plus de pensée, plus de vie, nous puissions former avec tous les exploités de toutes les nations la grande confédération de tous les producteurs de la Terre et que, solidaires, nous puissions marcher, fermes et décidés, à la conquête de l’émancipation économique et sociale de l’humanité…

Fut ajouté lors du Va Congrès cette synthèse de la déclaration de principes

Le Ve Congrès de la Fédération ouvrière régionale argentine, conséquemment aux principes philosophiques qui ont donné raison d’être à l’organisation des fédérations ouvrières, déclare :

Qu’elle approuve et recommande à tous ses adhérents la propagande et l’illustration la plus ample afin d’inculquer aux ouvriers les principes économiques et philosophiques du communisme anarchiste.

Cette éducation empêchera que les travailleurs se tiennent à la conquête de provisoires améliorations économiques et les mènera à leur complète émancipation sociale.

Le pacte approuvé lors du IVe Congrès continue

Le IVe Congrès de la FOA déclare :

1. L’organisation de la classe ouvrière, de la République (Argentine) en sociétés d’offices.

2. Construire avec ses sociétés ouvrières les fédérations d’offices et d’offices similaires.

3. Les localités formeront des fédérations locales ; les provinces des fédérations provinciales, les nations des fédérations régionales, et le monde entier une fédération internationale avec un centre de relations et un bureau pour chaque fédération ; qu’elle soit grande ou petite.

4. Le bureau central, comme les organismes représentant les fédérations d’offices et d’offices similaires, seront complètement autonomes dans leur vie interne et de relations ; ses individus n’exerceront aucune autorité et pourront être remplacés à tout moment par le vote de la majorité des sociétés fédérées réunies en congrès ou par la volonté des sociétés fédérées exprimée par leurs fédérations locales ou d’offices respectives.

5. Là où se seront constituées des sociétés adhérentes à la Fédération ouvrière régionale argentine, elles pourront être liées entre elles par un pacte libre.

6. Etablies sur ces principes, base fondamentale de notre organisation, on procédera à la constitution de fédérations locales, sur les bases déjà existantes.

7. Le bureau central de la Fédération ouvrière régionale argentine, appelé le conseil fédéral, sera formé de 9 individus qui se répartiront les rôles selon leur convenance. De plus, le conseil fédéral comprendra un délégué par fédération locale ; ces délégués auront le caractère de secrétaires correspondants, avec voix et vote, et devront s’entendre directement avec le conseil.

8. Toutes les sociétés composant cette fédération s’engagent à pratiquer entre elles la plus complète solidarité morale et matérielle, en faisant tous les efforts et les sacrifices que les circonstances exigeront afin que les travailleurs sortent toujours victorieux des luttes que provoque la bourgeoisie et des demandes du prolétariat.

9. Pour que la solidarité soit efficace dans toutes les luttes qu’entreprendront les sociétés fédérées, il faudra si possible qu’elles consultent leurs fédérations respectives afin de savoir avec exactitude de quels moyens ou recours elles disposent.

10. La société fédérée est libre et autonome au sein de la fédération locale ; libre et autonome au sein de la fédération d’offices ; libre et autonome au sein de la fédération provinciale, comme elle est libre et autonome au sein de la fédération régionale.

11. En vertu de leur autonomie, les sociétés, les fédérations locales, les fédérations d’offices et les fédérations provinciales s’administreront de la manière qui leur convient le plus et feront et mettront en pratique tous les accords qu’elles considèrent nécessaires pour atteindre les objectifs poursuivis.

12. Comme chaque société a le droit d’initiative au sein de sa fédération respective, chacun de ses adhérents a le devoir moral de proposer ce qu’il croit convenable ; une fois acceptée par sa fédération, la proposition devra être portée au conseil fédéral afin qu’il la fasse connaître à toutes les sociétés et les fédérations adhérentes.

13. Les congrès successifs seront ordinaires et extraordinaires. Ceux-ci se tiendront par convocation de la majorité des sociétés adhérentes qui, représentées par leurs fédérations, feront connaître leur volonté au conseil fédéral pour que celui-ci prépare matériellement la convocation. La date des congrès ordinaires sera fixée lors du précédent congrès. Le lieu de réunion sera décidé par la majorité des sociétés adhérentes, qui seront consultées par le conseil fédéral (avec 2 mois d’anticipation s’il s’agit d’un congrès ordinaire).

14. Les délégués pourront afficher dans les congrès le nombre de représentations conférées par les sociétés, mais ils auront un seul vote lorsqu’il s’agira d’affaires internes au congrès. Pour les affaires de caractère général, ils auront autant de votes que de représentations.

15. Pour être admis comme délégué au congrès, il sera nécessaire que le représentant prouve son appartenance à l’une des sociétés adhérentes. En outre, le délégué ne doit exercer ni avoir exercé aucune profession politique, c’est-à-dire député, conseiller municipal, employé supérieur de l’administration, etc.

16. Les accords de ce congrès, non révoqués par la majorité des sociétés, seront appliqués par toutes les sociétés.

17. Chaque congrès déterminera le lieu de résidence du conseil fédéral et le montant des cotisations que devront payer les sociétés adhérentes pour la propagande, l’organisation et pour l’édition de l’organe officiel.

18. Ce pacte de solidarité est modifiable à tout moment par les congrès ou par le vote de la majorité des sociétés fédérées ; cependant, le pacte fédéral sera indissoluble tant qu’il existera deux sociétés maintenant le pacte.

Suivent ensuite quelques autres considérations pratiques le pacte se termine par le paragraphe déjà cité

Notre organisation, purement économique, est différente et opposée à celle de tous les partis politiques bourgeois ou ouvriers, vu que ces derniers s’organisent pour la conquête du pouvoir politique, alors que nous nous organisons pour que les Etats politiques et juridiques actuellement existants soient réduits à des fonctions purement économiques et pour que s’établissent à leurs places une libre fédération de libres associations de producteurs libres.


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